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Bienvenue Sur Tchad-Futur

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 21:47
 

 

AFFAIRE ARCHE DE ZOE: un scénario inattendu
(Le Pays 14/04/2009)


Et revoilà l’affaire Arche de Zoé. Comme l’oiseau mythique, elle renaît de ses cendres. Mais d’une manière tout à fait inattendue. Et malheureusement avec pour enjeu la vie de deux femmes, deux humanitaires occidentales pourtant à tout le moins étrangères à cet imbroglio politico-judiciaire qui défraya la chronique dès le dernier trimestre de l’année 2007.

Les ravisseurs de ces deux dames enlevées la semaine dernière, menacent de les exécuter s’ils n’obtiennent pas satisfaction. Et ils réclament que Paris organise un nouveau procès pour les membres de l’Arche de Zoé. Les autorités françaises ont sans doute le dos au mur : céder aux pressions des ravisseurs peut créer un précédent pour de futures prises d’otages. Refuser de le faire constitue une menace pour les deux captives. Et on comprend fort bien l’embarras de Paris à l’heure actuelle.

Mais on se rend compte, une fois de plus, comment une affaire sérieuse, si elle est délibérément bâclée, mal gérée, peut conduire à des frustrations et à des extrémismes malheureux. On se rappelle, les 6 membres de l’Association Arche de Zoé, avaient été condamnés en décembre 2007 par la Cour criminelle de Njamena, à 8 ans de travaux forcés pour tentative d’enlèvement de 103 enfants tchadiens, ainsi qu’à 4,12 milliards de dommages à verser aux parties civiles.

Mais très vite, le judiciaire dut céder le pas au politique, ce qui engendra comme un réel arrangement entre Paris et Ndjamena, et l’affaire fut alors rondement menée. Preuve que les raisons d’Etat ainsi que les intérêts des régimes en place se révèlent souvent supérieurs à ceux de la justice. Menacé par les rebelles coalisés, Déby, à l’époque, avait besoin du soutien militaire et logistique français. Le président français dont l’image de l’administration avait été quelque peu ternie par cette affaire de trafic d’enfants, avait besoin, lui aussi, de redorer son blason. Il avait d’ailleurs déclaré qu’il ramènerait les membres de l’Arche en France "quoi qu’ils aient fait".

Et pour ce faire, Sarkozy avait sans doute besoin du président Déby. Ce donnant-donnant politique mené au sommet des deux Etats devait produire ce qu’on sait : Déby mâte ses rebelles, reste maître de son palais. En contrepartie, il grâcie les condamnés de son tribunal et permet leur transfèrement en France pour y purger leurs peines. Mais ce nouveau succès de la Françafrique n’est pas pour plaire à tout le monde. On se rappelle les manifestations anti-françaises qui éclatèrent alors au Tchad.

La frustration engendrée par l’arrangement politique d’une affaire judiciaire poussait à l’écoeurement. Et jusqu’à présent, des Tchadiens se demandent où en est-on du dédommagement promis aux parties civiles. Plus d’un aujourd’hui trouvent que les victimes de ce faux-procès ont été floués et méritent qu’on leur rende justice. Cette prise d’otages ne fait que confirmer que l’illégalité est souvent l’arme du désespoir.

Peut-on s’étonner qu’une sale affaire mal gérée provoque en retour un extrémisme injustifiable ? Bien malheureusement, ce sont là deux vies humaines qui se trouvent prises entre le marteau et l’enclume de deux décisions aussi injustes l’une que l’autre. Et il faut espérer que l’humanité des uns et des autres permette de les délivrer d’un calvaire qu’elles n’auront pas mérité.

 

Et revoilà l’affaire Arche de Zoé. Comme l’oiseau mythique, elle renaît de ses cendres. Mais d’une manière tout à fait inattendue. Et malheureusement avec pour enjeu la vie de deux femmes, deux humanitaires occidentales pourtant à tout le moins étrangères à cet imbroglio politico-judiciaire qui défraya la chronique dès le dernier trimestre de l’année 2007.

Les ravisseurs de ces deux dames enlevées la semaine dernière, menacent de les exécuter s’ils n’obtiennent pas satisfaction. Et ils réclament que Paris organise un nouveau procès pour les membres de l’Arche de Zoé. Les autorités françaises ont sans doute le dos au mur : céder aux pressions des ravisseurs peut créer un précédent pour de futures prises d’otages. Refuser de le faire constitue une menace pour les deux captives. Et on comprend fort bien l’embarras de Paris à l’heure actuelle.

Mais on se rend compte, une fois de plus, comment une affaire sérieuse, si elle est délibérément bâclée, mal gérée, peut conduire à des frustrations et à des extrémismes malheureux. On se rappelle, les 6 membres de l’Association Arche de Zoé, avaient été condamnés en décembre 2007 par la Cour criminelle de Njamena, à 8 ans de travaux forcés pour tentative d’enlèvement de 103 enfants tchadiens, ainsi qu’à 4,12 milliards de dommages à verser aux parties civiles.

Mais très vite, le judiciaire dut céder le pas au politique, ce qui engendra comme un réel arrangement entre Paris et Ndjamena, et l’affaire fut alors rondement menée. Preuve que les raisons d’Etat ainsi que les intérêts des régimes en place se révèlent souvent supérieurs à ceux de la justice. Menacé par les rebelles coalisés, Déby, à l’époque, avait besoin du soutien militaire et logistique français. Le président français dont l’image de l’administration avait été quelque peu ternie par cette affaire de trafic d’enfants, avait besoin, lui aussi, de redorer son blason. Il avait d’ailleurs déclaré qu’il ramènerait les membres de l’Arche en France "quoi qu’ils aient fait".

Et pour ce faire, Sarkozy avait sans doute besoin du président Déby. Ce donnant-donnant politique mené au sommet des deux Etats devait produire ce qu’on sait : Déby mâte ses rebelles, reste maître de son palais. En contrepartie, il grâcie les condamnés de son tribunal et permet leur transfèrement en France pour y purger leurs peines. Mais ce nouveau succès de la Françafrique n’est pas pour plaire à tout le monde. On se rappelle les manifestations anti-françaises qui éclatèrent alors au Tchad.

La frustration engendrée par l’arrangement politique d’une affaire judiciaire poussait à l’écoeurement. Et jusqu’à présent, des Tchadiens se demandent où en est-on du dédommagement promis aux parties civiles. Plus d’un aujourd’hui trouvent que les victimes de ce faux-procès ont été floués et méritent qu’on leur rende justice. Cette prise d’otages ne fait que confirmer que l’illégalité est souvent l’arme du désespoir.

Peut-on s’étonner qu’une sale affaire mal gérée provoque en retour un extrémisme injustifiable ? Bien malheureusement, ce sont là deux vies humaines qui se trouvent prises entre le marteau et l’enclume de deux décisions aussi injustes l’une que l’autre. Et il faut espérer que l’humanité des uns et des autres permette de les délivrer d’un calvaire qu’elles n’auront pas mérité.

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Published by souleymane ibrahim - dans actualite
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